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Mémoire de fille

D’après "Mémoire de fille"
d’Annie Ernaux
(© Éditions Gallimard)

Parler de soi pour tendre à l’autre un miroir où il se reconnaisse, puiser à sa propre vie pour élaborer, de livre en livre « une autobiographie qui se confonde avec la vie du lecteur », c’est ce que pratique Annie Ernaux depuis plus de quarante ans.

À partir de 14 ans.
 
Extrait audio

En 1958, Annie Ernaux a 18 ans. Elle s’appelait alors Annie Duchesne. C’était il y a longtemps. Que reste-t-il, six décennies plus tard, de cette jeune fille qu’elle était alors ? Est-il encore possible d’approcher cette presque adolescente, d’en saisir les pensées et les gestes, d’en dire les expériences ? Longtemps, le dessein sembla vain à Annie Ernaux : « J’ai voulu l’oublier aussi, cette fille, écrit-elle aujourd’hui. L’oublier vraiment, c’est-à-dire ne plus avoir envie d’écrire sur elle. Ne plus penser que je dois écrire sur elle, son désir, sa folie, son idiotie et son orgueil, sa faim et son sang tari. Je n’y suis jamais parvenue. Toujours des phrases dans mon journal, des allusions à “la fille de 58”. Depuis vingt ans, je note "58" dans mes projets de livres. C’est le texte toujours manquant. Toujours remis. Le trou inqualifiable. »

Ainsi, tout n’avait pas été dit. Un silence demeurait, comme une meurtrissure presque invisible, imperceptible à l’œil nu, un traumatisme fondateur : la honte qui suivit sa première expérience sexuelle.  «A dix-sept ans, je me suis retrouvée dans un lit avec un garçon toute une nuit. Il y a une expression pour dire exactement la force et la stupeur de l’événement, ne pas en revenir. Au sens exact du terme, je n’en suis jamais revenue, je ne me suis jamais relevée de ce lit ».

De la honte, il est question, dans Mémoire de fille – « une honte de fille » dont le texte restitue admirablement le contexte, les étapes, l’intensité inouïe, le «je» du présent recherchant dans ce «elle» du passé, la fille qu’elle était.

La femme d’aujourd’hui, incarnée par Violette Campo, observe « la fille de 58 » qu’elle a été, interprétée par sa propre fille, Lisa Garcia. Une filiation qui met en avant une certaine ressemblance, et en même temps une distance, celle de l’âge, celle du temps passé, pour «explorer le gouffre entre l’effarante réalité de ce qui arrive, au moment où ça arrive et l’étrange réalité que revêt, des années après ce qui est arrivé ».

L’intime et le social, tout est dans ce texte, l’amour, le sexe, la honte, le désir, la préhension de l’origine sociale et de l’éducation, le temps, la condition des femmes, le langage et l’acte d’écrire. Faire réfléchir sur le sens que chacun donne à sa présence au monde, questionner chaque étape de sa vie, la laisser derrière soi et s’en affranchir, c’est à tout cela qu’aboutit l’auteur dans Mémoire de fille.

Calendrier
Saisons antérieures
Équipe artistique
  • Mise en scène

    Violette Campo

  • Interprètes

    Violette Campo
    Lisa Garcia

Équipe technique
  • Régie lumière

    Laurent Paris

  • Diffusion

    Frédérique Hardy

Ce spectacle existe grâce aux soutiens de

• La Ville de Mourenx

• Le Conseil Départemental des Pyrénées Atlantiques

• La Région Nouvelle Aquitaine